Comme d’habitude, tu te vaccineras

A l’heure où tout le monde en parle, il n’est parfois pas inutile de revenir aux bases. Que sont ces vaccins ? En quoi sont-ils différents des autres ? Et comment sont-ils présentés dans les médias classiques ?

Que sont ces vaccins ? 

Les vaccins autorisés en France et en Europe sont ceux des laboratoires Pfizer, Moderna, Johnson et Johnson, et AstraZeneca. Ces vaccins sont complètement différents de tout ceux qu’on a connus jusque-là, au point que certains scientifiques leur contestent même le titre de vaccin.

En effet, pour vacciner contre des virus, les laboratoires ont, jusqu’à présent, utilisé des virus vivants atténués ou inactivés – vaccins de première génération – ou des vaccins à protéines recombinantes – dits de deuxième génération. Dans tous les cas, vacciner contre un virus consiste à introduire dans le corps un antigène, c’est à dire un marqueur du virus contre lequel on veut se protéger, qui permettra au système immunitaire spécifique de faire son travail d’identification et de générer des anticorps. 

Dans le cas du virus vivant atténué ou du virus inactivé, c’est tout le virus qui est inoculé, avec donc tous ses antigènes. Dans le cas des protéines recombinantes, ce sont des parties du virus qui sont introduites dans le corps. L’intérêt est que, de cette façon, on ne risque pas par erreur d’introduire un virus mal attenué ou mal inactivé.

Alors en quoi les produits proposés aujourd’hui sont-ils différents ?

Dans le cas des vaccins Pfizer et Moderna, dits « à ARN messager », on introduit une séquence d’ARN qui va utiliser les fonctions de production de nos cellules pour générer uniquement un antigène particulier du Coronavirus-19, la fort célèbre protéine Spike. Cette protéine peut ensuite être identifiée par notre système immunitaire qui génère alors des anticorps. Pour permettre aux séquences d’ARN de pénétrer les cellules humaines visées, celles-ci sont entourées d’une couche de particules lipidiques compatibles avec la paroi des cellules humaines.

Dans le cas des vaccins  AstraZeneca et Janssen, nombreuses sont les personnes un peu renseignées affirmant avec autorité que ces vaccins-là sont beaucoup plus proches de ce qu’on connaît traditionnellement. Eh bien non ! Mais il faut reconnaître que tout est fait pour entretenir la confusion.

Le site du gouvernement par exemple, se garde bien de mettre en avant le côté novateur de cette technologie. Il nous propose une gentille infographie1 infantilisante et affirme : 

« Ce procédé consiste à utiliser un virus inoffensif comme vecteur. Concrètement, il sert de moyen de transport à un fragment de l’ADN du Coronavirus »

Illustration du gouvernement : fonctionnement d’un vaccin à adénovirus

On passera aux vulgarisateurs du gouvernement qui se sont fendus de jolis dessins leur ignorance du fait que le Coronavirus soit un virus à ARN et non à ADN… On remarquera aussi que tous les mots qui fâchent sont évités. Une lecture superficielle ne vous incitera pas à voir dans cet inoffensif adénovirus, un virus bien vivant et génétiquement modifié.
De la même façon, une simple recherche Google vous apprendra que ces vaccins sont à base de « vecteur viral non réplicable ». C’est exact mais trompeur, puisque beaucoup pensent alors qu’il s’agit d’un virus atténué ou inactivé, comme les vaccins de première génération.

En fait, AstraZeneca et Janssen utilisent un virus existant, de la famille des adénovirus (tout comme il existe une famille des coronavirus, des rotavirus, etc.).  Ce virus n’a pas été affaibli ou inactivé, non. Il a été génétiquement modifié pour, d’une part lui enlever ses capacités de reproduction, et d’autre part lui ajouter la séquence génétique permettant aux cellules de produire la protéine Spike. Ce virus parfaitement vivant va donc pénétrer dans le noyau de nos cellules, être transcrit en ARN messager qui lui-même servira à générer la protéine Spike.  

Si le sujet vous intéresse, nous vous recommandons les explications très pédagogiques2 du Dr Christian Vélot , ainsi que la page wikipedia traitant des mécanismes d’action des vaccins3.  Un très bon article également sur l’aventure technologique et scientifique derrière ces vaccins, sur un blog hébergé par Le Monde4.

Des vaccins expérimentaux

Ces technologies vaccinales sont bien nouvelles. C’est dans le cadre des vaccins Covid qu’elles sont utilisées pour la première fois à large échelle. Rappelons que le produit de Pfizer est encore en essai de phase III (il existe quatre phases) jusqu’en mai 2023 au plus tôt, celui de Moderna, 2022. Cette phase III vise à évaluer l’efficacité des vaccins mais également à repérer et quantifier les effets secondaires. Rappelons aussi que les autorisations de mise sur le marché de ces vaccins sont encore conditionnelles, et n’ont été accordées aux laboratoires que par la grâce d’un état d’urgence discutable et l’absence de reconnaissance officielle de traitements Covid.

Croisade rassuriste médiatique

Cependant, dans une croisade médiatique incitant à la vaccination, beaucoup d’arguments destinés à rassurer les populations ont été avancés et repris maintes fois. On peut lire par exemple :

« Il n’y a pas de vaccin qui ait induit des effets indésirables à long terme qu’on n’avait pas vus dans les deux mois après la vaccination »

Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux (source LeMonde5)

Intéressante affirmation, souvent reprise dans les médias, qui annule d’une petite phrase toute utilité d’une phase III pour les vaccins !

Prenons simplement un exemple, celui du vaccin contre H1N1 : plusieurs cas de narcolepsie ont été diagnostiqués plus de 6 mois après l’injection de ce vaccin6. Certains cas ont été rapportés 2 ans après.

Et encore, les vaccins dont on parlait jusqu’à maintenant ne relevaient-ils pas d’une innovation technologique. Il n’y en a jamais eus qui aient été fabriqués à partir d’ARN messager de synthèse ou d’ADN modifié, et ce seul fait devrait inciter à un minimum de précautions avant d’affirmer qu’aucun effet à long terme ne peut être induit. Cette affirmation est d’autant plus étrange que certaines maladies auto-immunes, comme par exemple la sclérose en plaque, mettent plusieurs mois ou années à se développer. N’est-ce pas un peu contradictoire ?

On entend également dire que ces technologies sont connues de longue date. Effectivement, elles ont été expérimentées sur les animaux depuis les années 90, et utilisées dans le cadre de thérapies géniques. Il s’agit tout de même de faire la différence entre le risque pris par une personne malade au point d’entreprendre un traitement de pointe en ultime recours, et le risque pris par une personne saine à qui on va injecter un produit censé la protéger d’une maladie à laquelle elle aurait probablement survécu – si elle à moins de 80 ans et ne présente pas de comorbidités spécifiques.

On peut même lire sur le site de France Inter7 que finalement ce n’est pas si nouveau puisque le vaccin RoR, basé sur un virus à ARN atténué, utiliserait le même principe. On touche peut-être là à un summum de mauvaise foi : avancer qu’un virus à ARN atténué serait la même chose qu’un vaccin à ARN de synthèse dirigé sur un antigène spécifique ! Contentons-nous de répondre que tous les organismes vivants connus utilisent ADN et ARN. Force est donc de constater que tel monsieur Jourdain faisant de la prose, ils ignoraient simplement qu’ils travaillaient pour Pfizer.


Et vous ?

Peut-être avez-vous connaissance d’autres arguments présentant ces vaccins comme anodins et inoffensifs ? Merci de partager vos expériences dans les commentaires, nous tenterons avec plaisir d’y apporter des réponses.

Les sources de cet article

  1. Fonctionnement d’un vaccin à adénovirus type AstraZeneca ou Janssen, les explications de notre gouvernement : https://www.gouvernement.fr/le-fonctionnement-d-un-vaccin-a-adenovirus
  2. Plusieurs vidéos de Christian Vélot sont disponibles, comme par exemple : https://youtu.be/tYwCxe9gvQY. Il existe également une transcription pour ceux qui préfèrent l’écrit : https://www.docteur-kiener.ch/wp-content/uploads/2021/04/Strategies-vaccinales-Dr-Christian-Velot.pdf
  3. Page wikipedia illustrant les mécanismes d’action des vaccins : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vaccin_(m%C3%A9canismes_d%27action
  4. Article très complet sur l’histoire de la recherche sur les vaccins à ARN messager : https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/12/14/laventure-scientifique-des-vaccins-a-arn-messager/
  5. Article des décodeurs du Monde rassurant les lecteurs sur la phase III : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/07/08/covid-19-les-essais-de-phase-3-des-vaccins-sont-ils-termines-depuis-des-mois-comme-l-affirme-olivier-veran_6087580_4355770.html
  6. Les cas de narcolepsie suite à la vaccination H1N1 : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/sommeil/vaccin-contre-a-h1n1-et-narcolepsie-les-victimes-seront-elles-toutes-indemnisees_1308409.html
  7. Article de France Inter intitulé « Utiliser les vaccins à ARN messager n’est pas nouveau, c’est savoir le fabriquer qui est nouveau » : https://www.franceinter.fr/societe/vaccins-utiliser-l-arn-messager-n-est-pas-nouveau-c-est-savoir-le-fabriquer-qui-est-nouveau (Savourons ce titre, c’est une perle !)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :