Un bout de chemin sur le Convoi de la Liberté

Toulouse-Paris à bord d’un bus sur le Convoi de la Liberté: quelques impressions du voyage.

Rejoindre le Convoi de la Liberté ?

Je suis partie sur le convoi. Un peu comme un pèlerinage.

Une envie folle. Peut-on pousser sa vie, peut-on secouer le quotidien, balayer les obligations ? Peut-on tout planter et partir quand on a un travail, des enfants ?

Je n’ai pas tout planté. J’ai poussé, aménagé, arrangé, négocié avec moi-même.

Et me voilà avec 4 jours devant moi, à la dernière minute, exceptionnel ! Ma décision est prise, je pars, et je rejoins un bus dont je ne sais presque rien, sauf le prix imbattable de 30 euros pour aller de Toulouse à Bruxelles et le fait qu’il soit le fruit d’une organisation de quelques personnes motivées au sein de ReinfoCovid. Pour le reste je verrai bien.


Sur la route

Le départ, jeudi 10 février 2022, 11 heures du matin.

Le départ s’éternise au rond point de Sesquières. Une centaine de personnes, peut-être un peu plus, s’activent sur ce rond point-terrain vague où d’énormes stocks de nourriture ont été déposés. Pendant que certains prennent en main la logistique, trient et font des sandwiches, et que quelques journalistes (M6, France Bleu, RT, et autres) tentent d’amener les gens à répondre à leur question du jour, le seul angle de traitement de l’info choisi par leur rédaction ce jour-là, d’autres partagent leur joie et leur enthousiasme en bord de rond point où une majorité de poids lourds klaxonnent joyeusement, et quelques automobilistes aussi.

Le bus apprêté par un petit groupe largement issu de ReinfoCovid n’est qu’à moitié plein, et certains y montent au dernier moment, jeunes peut-être mais militants de longue date, habitués, eux, à bousculer l’étage du quotidien pour faire mûrir celui des rêves.

Photo : bus de ReinfoCovid / Convoy France au départ de Toulouse sur le Convoi de la Liberté
Le bus sur le départ à Toulouse

L’inertie du groupe se fait sentir, le départ est tardif mais plein d’enthousiasme. Dès le début, tout le long du trajet, on croise des gens sur le bord de la route qui nous saluent joyeusement. Une petite dizaine ici, un groupe plus large 500 mètres après, parfois une personne seule, parfois une famille avec parents et enfants.

Ce sont ces gens croisés partout le long de la route jusqu’à Orléans qui me mettent encore aujourd’hui les larmes aux yeux. Tous les membres du convoi vous le diront, car tous en ont été touchés. Les vieux de la vieille des mouvements de lutte comme les bleus de la résistance citoyenne, tous ont été émus par la ferveur qui s’est dégagée là, et je n’ai encore entendu personne traiter avec cynisme ou mépris ce magnifique support citoyen. Pourquoi ? Parce que c’était beau à vous nouer les tripes, de voir les gens se lever de partout, ensemble.

Cette immense vague de soutien et d’espoir qui s’est levée cette fin de semaine de février en France, quelle merveille !

Combien faut-il d’espoir, de simplicité, et de foi pour attendre seule avec son bébé sur un bord de rond point au milieu de nulle part et saluer un par un les véhicules du convoi ? Si une des mamans que j’ai vu faire ça lit ces mots, il faut qu’elle sache à quel point chacun de ces soutiens nous touchaient tous. Mille mercis à vous, et aux parents de jeunes enfants qui ont attendu, parfois tard dans la nuit sur des bords de route quasi-déserts.

Mille mercis à tous ceux aussi qui ont soutenu l’aventure avec leurs bras levés, leurs messages, leurs pensées et leurs vœux. Sans verser dans le mysticisme, je ne peux pas croire qu’une telle vague d’énergie reste sans impact. Ferveur, espoir et solidarité : nous sommes nombreux à avoir partagé ça pendant quelques jours qui ont semblé bien plus long, dans un immense élan qui aura forcément changé des vies et nettoyé des cœurs.

A chaque halte nous avons trouvé des regroupements festifs, un débordement de nourriture qui nous était donnée au point qu’on ne savait plus quoi en faire, un accueil plein de chaleur et de joie.

Photo: halte du convoi de la liberté à Cahors
Halte à Cahors, accueil festif des convoyeurs

La première de ces haltes s’est faite à Cahors, où un goûter était servi sous un barnum dans une zone commerciale au bord du Lot, et nous sommes arrivés un peu plus tardivement que prévu à Limoges, où – de nuit et sous la pluie – il restait tout de même à 21h30 du monde pour accueillir les retardataires.

Grâce à l’organisation ingénieuse et bordélique à la fois des groupes Télégram, j’avais trouvé un hébergement pour la nuit, mais ne l’eussè-je fait que j’aurais tout de même trouvé où dormir : une personne s’est arrêtée pour s’assurer que j’avais un hébergement, et le phénomène s’est reproduit la nuit suivante. Beaucoup on aussi trouvé refuge pour la nuit dans un dancing qui avait ouvert ses portes et son parking aux « convoyeurs ». Après une soirée de belles rencontres et d’échanges, nous sommes repartis, direction Paris le vendredi matin.

Photo: halte du convoi de la liberté à Issoudun
Halte à Issoudun, buvette et musique !

Aller à Paris

Aller à Paris, c’était le projet initial, celui qui était partagé sur les itinéraires qui circulaient sur Internet : arriver dans la région parisienne le vendredi soir, être à Paris samedi. Le flou sur le lieu d’arrivée était total, et n’a fait qu’augmenter au fur et à mesure qu’on approchait de la capitale.

Photo : camions sur le départ pour le convoi de la liberté à Orléans
Halte à Orléans, où quelques camions ont rejoint le convoi

Après une halte organisée à Issoudun, où l’encadrement policier, pour ce que j’en ai vu, était encore neutre ou bienveillant (c’est même un motard qui a permis à notre bus égaré de retrouver le lieu de rassemblement), nous sommes arrivés tardivement à Orléans, où le lieu d’accueil a été changé au dernier moment pour permettre l’accueil du convoi. Sur la base nautique de l’Île Charlemagne, des milliers de véhicules sont arrivés jusque tard dans la nuit. Beaucoup, par peur de se retrouver bloqués là le lendemain, sont repartis le soir-même. Chaque aire d’accueil permettait de voir grossir le convoi à vue d’œil. Si, d’après la police, nous étions de 500 à 600 véhicules stationnés à Issoudun, il ne fait pas de doute que nous étions largement plus nombreux à Orléans, où le parking d’environ 3000 places était bien occupé.

Notre bus est resté stationné pour la nuit, et certains l’ont quitté, déterminés à arriver à Paris sans détours. Pour ceux qui sont restés, la solidarité locale a une fois de plus et au dernier moment permis à tout le monde de dormir au chaud.

Quelques ennuis mécaniques le lendemain nous ont freiné : panne de batterie, fuite de liquide de refroidissement, notre bus n’était pas de première jeunesse, même s’il a tenu le périple !

Nous avons alors rejoint l’étape suivante, qui s’est avérée être Fontainebleau, annonce tardive des organisateurs de Convoy France qui proposaient un pique-nique avec l’aide d’une association, « les Blouses Blanches » au milieu de la forêt. Projet de communication pacifique, appelant à la participation des élus locaux et à ne surtout pas aller à Paris.

Il faut comprendre qu’entre vendredi soir et samedi matin, les rumeurs les plus folles courraient sur l’accueil réservé aux convoyeurs à Paris. Tout le monde y allait de ses conseils : allez-y, foncez, n’y allez pas avec votre véhicule, contournez Paris, allez-y mais par les petites routes, restez sur le périph et bloquez-le, surtout ne bloquez rien, les forces de l’ordre ont bloqué Paris, le périphérique est fermé, non il n’est pas fermé mais la porte d’Orleans est fermée, ils bloquent les voitures au péage de Saint-Arnoult, non ils les laissent passer finalement, n’écoutez pas Rémi Monde, Convoy France n’est pas sur Zello, n’écoutez pas Zello ce réseau est « compromis », si écoutez Zello… les réseaux sociaux en surchauffe.

Dans ce contexte, Convoy France n’a peut-être pas voulu pousser la logique d’affrontement et réserver les forces pour l’objectif de Bruxelles ? Ce qui est sûr : l’annonce du pique-nique a Fontainebleau en a surpris plus d’un, et beaucoup se sont sentis trahis par ce premier revirement.

Et pourtant, malgré toute cette volonté d’apaisement et de légalisme, ce gentil pique-nique s’est finalement avéré être un leurre: bloqué à la dernière minute par les autorités. Ils ont astucieusement barré des routes et des parkings au milieu de Fontainebleau, retenant sur place quelques manifestants potentiels. Qui a dit que nos forces de l’ordre n’avaient pas un peu de stratégie ?
De nombreuses personnes se sont donc retrouvées coincées à Fontainebleau pendant que CRS et autres bouclaient leurs armures de robocops à Paris.

https://t.me/convoyfranceenimages/226

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CONVOY FRANCE est un mouvement citoyen pacifique solidaire et bienveillant.

Nous avons appelé tous les citoyens qui le souhaitent à pique-niquer dans la forêt de Fontainebleau au parking des Gorges des Franchards.

A cet instant, l’ordre a été donné aux forces de police de bloquer l’accès au lieu de restauration et de convivialité.

Nous estimons que cet ordre politique est profondément délétère car il conduit à envoyer tous les convois sans exception dans la capitale alors que le gouvernement a mis en place un dispositif quasi militaire composé de blindés et de forces de l’ordre sûr armées.

Pourtant, nous étions en relation constante avec la gendarmerie durant toute la progression du convoi ainsi qu’avec les services de renseignements.

Nous avons essayé de discuter avec les responsables de la sécurité intérieure à Fontainebleau, aucune explication ne nous a été donnée. Les Blouses Blanches qui devaient nous apporter des paniers repas, ne peuvent également pas accéder au lieu. 

🇫🇷Nous invitons tous les élus : maires, députés, sénateurs, ministres à venir nous rencontrer afin de leur remettre les lettres que les citoyens nous ont confiées ainsi que les revendications des différents collectifs de France 🇫🇷.

L’impression ressentie par tous les participants de ce pique-nique est que le gouvernement souhaite pousser les citoyens dans la capitale et favoriser un affrontement avec les forces de l’ordre.

Nous jugeons cette position regrettable et indigne d’une démocratie.

Nous souhaitons que les élus et les représentants viennent à notre rencontre afin d’entamer en en urgence un débat démocratique participatif et trouver ensemble des solutions.

Nous invitons tous les citoyens à ne surtout pas faire le jeu du gouvernement en bloquant la capitale et nos concitoyens.

Nous sommes des représentants du peuple pour le peuple.

Nos revendications sont légitimes mais ne peuvent être obtenues de manière anti-démocratique.

Les blocages légitimeront l’emploi d’une répression forte et tueront notre mouvement populaire pacifique.

Notre cause est noble et doit servir l’intérêt de tous.

Nous appelons expressément toutes les personnes à ne pas aller dans Paris et à quitter la capitale au plus tôt si elles y sont déjà. Notre lieu de ralliement reste aujourd’hui Fontainebleau.

Source : Canal Telegram « Convoy France en images » – https://t.me/convoyfranceenimages/226

J’ai pu rejoindre Paris tardivement avec un petit groupe de Toulousains. Beaucoup de stations de métro étant fermées, nous sommes arrivés près du Louvre vers 17 heures, sous un magnifique soleil, le jardin des Tuileries fourmillant de Parisiens qui profitaient du week-end.

Étrange impression… alors qu’avant Paris, partout nous étions entre convoyeurs et sympathisants, dans une simplicité de relations qu’on ne trouve plus si souvent, se retrouver au milieu des parisiens absorbés dans leurs vies, flânant au soleil ou faisant les boutiques. On aurait pu croire ici que le convoi n’existait pas, que la rumeur même de notre arrivée n’était pas parvenue à leurs oreilles, que ce combat ne les concernait pas, eux qui pouvaient admirer le Louvre un sac Vuitton à l’épaule, comme si la misère du monde ne les effleurait que bien rangée sur les tableaux des musées…

Mais il suffisait de marcher un peu pour tomber sur une armée de policiers et gendarmes le long des avenues. Pour rejoindre la manifestation, j’ai pris la case procès-verbal, puisqu’ apparemment le port d’un drapeau, qu’il arbore une colombe, un slogan, ou les trois couleurs nationales, est répréhensible, synonyme de « l’intention de participer à une manifestation non autorisée ». Passé cet adoubement, j’ai pu voir les Champs-Elysées. Quiconque veut savoir ce qui s’y est passé peut regarder des heures de vidéos qui fourmillent sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas été témoin à titre personnel de coups de matraques intempestifs ou de violences physiques directes. J’ai par contre vu un petit jeu absurde des policiers qui semblaient plus nombreux que les civils, et « nassaient » les manifestants, inlassablement, projetaient des lacrymogènes au milieu des passants, sur les trottoirs, en présence d’enfants, de poussettes et de familles. J’ai pu voir les gens courir se réfugier dans les commerces, les enfants pleurer en suppliant leurs parents de sortir de là.

Photo: vue des Champs-Elysées depuis le rond point Marcel Dassault le 12 février 2022
Vue des Champs-Elysées, depuis le rond-point Marcel Dassault

Les forces de l’ordre ont transformé la zone en une sorte de zone de guérilla légère et assez étrange, où dès qu’un espace était laissé libre quelques personnes bravaient l’interdit pour scander « liberté » au milieu de la rue, avant de se faire disperser par une bande de gendarmes aux matraques brandies et aux foulées synchronisées. Pour ce que j’ai pu observer, ce sont bien les forces de l’ordre qui ont mené le jeu: les manifestants n’étaient pas des casseurs et n’avaient pas entrepris d’actions violentes. Le simple maintien de l’ordre ne justifiait pas un tel déploiement de lacrymogènes et de charges intempestives.

Il faisait froid, il a vite fait nuit, mais ce petit jeu a du sens pour certains. Ils restent, veulent en découdre, courent devant les CRS qui chargent, reviennent fiers de leurs faits d’arme. Ils agissent enfin, ils se heurtent aux vraies limites du « système », une démocratie en perdition qui n’entend plus les revendications de son peuple. Il faut quand même relever que ce petit jeu s’est déroulé sans flashballs ni grenades de désencerclement… presque gentil ?

Passées 19 heures, il ne restait plus sur les Champs-Elysées que des manifestants, sympathisants, journalistes alternatifs et policiers. Ambiance surréaliste. Une dame est passée en nous proposant à manger, entre deux charges de la police les gens discutaient, sympathisaient, se prenaient en photo. 

Cette soirée s’est bien terminée, même dans Paris intra-muros la solidarité envers le convoi fonctionnait. Nous n’étions plus que deux toulousains à chercher un toit ce soir-là, et nous l’avons trouvé en plein centre, rue de la Paix. Accueil inespéré et une dernière opportunité pour ces conversations hors du temps, dont rétrospectivement je n’ai pas assez profité.

Le retour au réel était étrange après ces quelques jours, d’autant que le convoi avait continué, que je les savais encore en route. L’émotion du convoi ne retombait pas, elle est restée en moi forte plusieurs jours, la vrai vie était là-bas.

La fin du voyage

Le convoi a continué sa route vers Bruxelles tant bien que mal, assez dispersé. Des informations de Convoy France ont – à nouveau – semé le trouble en tentant de rediriger le convoi vers Strasbourg, provoquant incompréhension et colère de la part des participants. A Bruxelles, beaucoup de gens se sont faits bloquer sur des parkings périphériques, les gens sont arrivés à pieds devant le Parlement, où ils n’étaient finalement pas très nombreux. Une fin de voyage bien loin de l’énergie initiale.

Les fractures

Pour moi, cette aventure aura agi comme un révélateur de fractures.

Fracture entre les dirigeants et leur peuple d’abord. Certes, cette fracture-là est convenue, connue, ressassée dans les éditoriaux de tous bords. Le convoi n’a pas le privilège de l’avoir mise à jour, me direz-vous… Et pourtant ! C’est une chose de soutenir les gilets jaunes sur le papier, c’en est une autre d’emprunter leurs chemins. L’arrivée à Paris fut donc un choc du réel: oui nos dirigeants vivent dans un monde à part, exercent un pouvoir crispé et autoritaire, et se moquent bien des opinions du peuple.

Fracture entre Paris et la Province ensuite, où toute la belle dynamique de solidarité et de liberté du trajet est venue s’échouer sur les larges avenues indifférentes de la capitale. Ce jour-là Paris m’est apparue comme hautaine et intransigeante, lasse de ces mouvements de résistance qui viennent polluer ses belles avenues, justifiant sa violence et ses chars près de l’Arc-de-Triomphe par un passif de vitrines brisées et de poubelles brûlées lors de précédentes manifestations.

Mais surtout, fractures entre résistants.

Est-ce là le germe d’un échec de cette résistance ? C’est bien possible car le mouvement a rassemblé des personnes issues de tous horizons politiques (partis de gauche, partis alternatifs, UPR et à droite beaucoup de sympathisants des Patriotes), des Gilets Jaunes, mais aussi des personnes assez apolitiques jusque-là, informées via Internet, et qui pour certaines il faut bien le dire tombent facilement dans un certain « complotisme ». Même si je déplore l’abus de ce mot, admettons-le il recouvre une réalité: comment qualifier le fait que certains discréditent toute information officielle mais prennent sans filtre tout ce qui vient de sources alternatives ?

… et l’unité

Pourtant les manifestations répétées depuis l’été dernier avaient perdu du souffle, le convoi leur en a redonné. Il a révélé un élan présent chez beaucoup, il a suscité un enthousiasme fédérateur, il a montré que l’auto-organisation, la générosité, la solidarité existent, que des belles choses sont possibles entre nous…. nous « le peuple ».

Longue vie à ce peuple qui a su s’unir… et saura le refaire !

Et un merci particulier à tous ceux qui, à mon échelle, ont permis cette aventure : Emma, Claude, Sarah et tous les organisateurs du bus; Gwladys, et mes autres hébergeurs anonymes; Sylvain, mon homme et gardien du foyer qui a assuré le quotidien; Marielle et tous les toulousains qui ont apporté leur soutien matériel et moral.

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